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Un « partenariat renouvelé pour la solidarité », tel est le mot de conclusion, du sixième sommet réunissant l’Union européenne et l’Union africaine, prononcé à Bruxelles le vendredi 18 février 2022.

UNION AFRICAINE ET UNION EUROPÉENNE : À L'AUNE D’UN PARTENARIAT PROSPÈRE ?

Un « partenariat renouvelé pour la solidarité », tel est le mot de conclusion, du sixième sommet réunissant l’Union européenne et l’Union africaine, prononcé à Bruxelles le vendredi 18 février 2022. La grande annonce du sommet avait concerné un paquet d'investissements, de l’Union européenne de 150 milliards d'euros au service d'une ambition commune entre l’agenda européen pour 2030 et de l'agenda 2063 de l'Union africaine. Ce paquet mène à penser l’ambition du partenariat entre l’UE et l’UA dans un contexte d’influence grandissante de la Chine sur le continent africain. Surtout, ce sommet fut l’occasion d’envisager un partenariat prospère dans un contexte de crises, avec le Covid-19, le désengagement français du Mali et la guerre en Ukraine – survenue quelques jours après le sommet - qui a éclipsé médiatiquement le sujet.

2022, une année déterminante face aux multiples crises traversées

Durant la pandémie de la COVID-19, l'UE a élaboré des plans pour soutenir les efforts déployés par des pays partenaires dans la lutte contre la pandémie. À l'appui de ces actions, l'UE et ses États membres se sont engagés à déployer un ensemble de mesures de réaction de l'équipe Europe – force d’action extérieure de l’UE – au niveau mondial, d'un montant de près de 38,5 milliards d'euros. C’est lors du sommet évoqué précédemment que l'UE a réaffirmé son projet de fournir au moins 450 millions de doses de vaccin à l'Afrique d'ici la mi-2022 tout en soutenant l’accélération du rythme de la vaccination et pour soutenir la distribution efficace des doses, la formation d'équipes médicales ainsi que l'analyse et le séquençage.

Plus encore, on retrouve la question du désengagement militaire qui innerve les relations européano-africaines, sur six des sept missions militaires européennes en cours, six concernent l’Afrique. Ainsi, les nouvelles modalités des engagements français et européen furent un enjeu majeur. Le retrait de la mission Barkhane du Mali, toujours en 2022, et le retrait du contingent militaire français fort d’environ 3 300 soldats, relance les négociations sur la prolongation de la mission EUTM (expiration du mandat en mai 2024, sur la formation des soldats en République Centrafricaine).

Autre élément majeur de cette année 2022, tandis que l’invasion de l’Ukraine par la Russie a détourné l’attention médiatique des résultats du sommet UE-UA, la réponse africaine à la guerre en Ukraine ne fut pas celle attendue par les Vingt-Sept. En effet, la résolution de l’Assemblée Générale des Nations Unies du 2 mars 2022 condamnant « l’opération militaire spéciale » de la Russie en Ukraine, n’a recueilli que 24 voix pour, 17 abstentions et un vote contre. C’est notamment dans un contexte géopolitique tendu, avec l’accroissement de l’influence militaire de la Russie sur le continent africain et des interventions du groupe de mercenaires Wagner, que Josep Borrell (Haut représentant aux relations extérieures de l’Union européenne) a déclaré qu’il faut « combattre plus activement la manipulation de l’information russe sur le continent africain ».

A présent, de nombreuses opportunités sont à saisir pour bâtir un partenariat prospère

Si l’on revient au sommet de février 2022, les dirigeants africains et européens se sont mis d'accord sur une vision commune pour un partenariat renouvelé. Les objectifs du partenariat sont les suivants: la solidarité, la sécurité, la paix, le développement économique. Les éléments phares sont le paquet d'investissements Afrique-Europe d'au moins 150 milliards d'euros, une coopération multilatérale plus poussée au service de la paix et de la sécurité et un partenariat renforcé en matière de migration et de mobilité.

Les menaces sécuritaires qui pèsent sur certains pays d’Afrique, couplées à des niveaux de richesse par habitant bien plus faibles qu’en Europe, contribuent à d’importantes migrations sur le continent lui-même mais également vers les pays de l’Union européenne. La proximité géographique et les liens culturels liant les deux rives de la Méditerranée expliquent aussi en partie ces mouvements. Face à ces flux irréguliers, l’Union européenne s’efforce d’agir dans les pays de départ, de l’autre côté de la Méditerranée. Elles ont mené deux stratégies de front qui se poursuivent : une externalisation de la gestion des frontières et une lutte contre les causes profondes de la migration.

Dans une autre mesure, c’est la députée européenne Maria Soraya Rodriguez Ramos, membre de Renew Europe, qui évoque l’enjeu de la sécurité alimentaire en Afrique pour la revue Confrontations Europe publiée au printemps 2023. Tandis que l’Afrique dispose de suffisamment de terres arables pour nourrir 9 milliards de personnes, selon la députée européenne, l’ensemble des pays africains dépensent 75 milliards de dollars chaque année pour importer plus de 100 millions de tonnes métriques de nourriture. L’enjeu pour l’Union européenne est d’accompagner les gouvernements africains pour augmenter leur budget sur les dépenses agricoles, celui-ci étant fortement en deçà de l’objectif de Malabo fixant la part à 10% du budget total, et de soutenir la promotion de pratiques agricoles durables telle que l’agroécologie.

L’Union européenne, premier partenaire commercial de l’Union africaine, est également le premier investisseur sur le continent africain. Tout en travaillant sur les nombreux obstacles à l’investissement, liés au contexte sécuritaire ainsi qu’au cadre réglementaire fragile, le paquet d'investissements décrétés a pour but de stimuler les investissements publics et privés dans un certain nombre de domaines: énergie, transport, infrastructures publiques, transition écologique, et même la croissance durable. Surtout, l’Union européenne s’affirme comme le premier soutien à la mise en œuvre de la ZLECAF (Zone de libre-échange continentale africaine) qui doit, d’ici 15 ans, supprimer 90 % des droits de douane sur les biens et services échangés entre tous les pays du continent. Une mise en œuvre efficace devra donc comprendre un véritable espace budgétaire et une stimulation de l’investissement privé dans des infrastructures de qualité et des projets durables. C’est un véritable potentiel économique existe en Afrique, surtout chez les jeunes et chez les femmes, pour renforcer la coopération entre les deux Unions. Effectivement, 26% de la main-d’œuvre mondiale devrait être située en Afrique d’ici 2050, l’enjeu est d’améliorer les conditions d’accès à l’éducation et à l’emploi pour faire primer l’économie officielle sur le secteur informel qui représente encore 80% de la population travaillant sur le continent africain.

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