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Vingt-quatre ans après leur mise en circulation, les billets en euros s'apprêtent à changer. Le 23 juillet 2026, la Banque centrale européenne (BCE) a dévoilé dix propositions graphiques présélectionnées pour la future série, et invite chaque citoyen européen à donner son avis en ligne jusqu'au 21 septembre 2026. Loin d'un simple changement esthétique, cette proposition répond à un impératif sécuritaire autant qu'à une ambition politique : celle d'une monnaie qui cesse de se penser neutre pour s'assumer comme un symbole d'unité.

Vingt-quatre ans après leur mise en circulation, les billets en euros s'apprêtent à changer. Le 23 juillet 2026, la Banque centrale européenne (BCE) a dévoilé dix propositions graphiques présélectionnées pour la future série, et invite chaque citoyen européen à donner son avis en ligne jusqu'au 21 septembre 2026. Loin d'un simple changement esthétique, cette proposition répond à un impératif sécuritaire autant qu'à une ambition politique : celle d'une monnaie qui cesse de se penser neutre pour s'assumer comme un symbole d'unité.

Le Conseil des gouverneurs de la BCE, a décidé le 30 novembre 2023, d'engager cette étape du processus, avant de retenir, en janvier 2025, deux thèmes exclusifs : « la culture européenne », centrée sur des figures marquantes du patrimoine artistique et scientifique du continent, et « fleuves et oiseaux », qui célèbre une nature ignorant les frontières nationales. Un concours de graphisme, ouvert à toute l'Union a été lancé en juillet 2025 : il a recueilli plus de 1 200 candidatures ; 25 graphistes ont été invités à concevoir un projet complet, pour 39 propositions déposées. 

La première justification avancée par la BCE, pour justifier l’émission de ces nouveaux billets tient à la sécurité. Les techniques de falsification progressent au rythme des technologies d'impression et de numérisation ; un billet dont les signes de sécurité datent du début des années 2000 devient plus vulnérable avec le temps. Le design n'est pas un simple habillage superposé à des dispositifs techniques : c'est l'architecture même du billet, la disposition des motifs, des filigranes et des zones en relief, qui conditionne l'intégration de nouveaux signes de sécurité. Changer de graphisme permet d'introduire des dispositifs de sécurité plus avancés qui sont plus difficiles à contrefaire et plus faciles à vérifier pour le citoyen. 

Un autre enjeu pour lequel l’UE engage ce changement, à travers une consultation des européens, est le symbole d’unité. Ces nouveaux billets au-delà de la sécurité ont également pour fonctions de : 

  1. mieux refléter l'identité et les valeurs de l'Europe ;
  2. améliorer l'inclusion et l'accessibilité des billets pour tous les publics (notamment les personnes malvoyantes) ;
  3. réduire l'empreinte environnementale de leur production. 

C'est sur cet enjeu de rassembler que la rupture avec les anciens billets est la plus significative. La série actuelle, mise en circulation en 2002, avait délibérément choisi des ponts, portes et fenêtres, pour n'incarner aucun monument ni aucune personnalité nationale susceptible de diviser les Vingt-Sept. Une neutralité pensée comme un gage de consensus, mais qui prive la monnaie unique de toute charge symbolique concrète. Les deux thèmes retenus pour la future série actent la fin de ce compromis. 

Le thème « culture européenne » s’appuie sur des personnalités réelles et partagées : Maria Callas sur le billet de 5 euros, Ludwig van Beethoven sur celui de 10, Marie Curie sur celui de 20, Miguel de Cervantes sur celui de 50, Léonard de Vinci sur celui de 100, et la pacifiste autrichienne Bertha von Suttner sur celui de 200. 

Le thème « fleuves et oiseaux », de son côté, mobilise des figures naturelles comme les fleuves ou les migrations aviaires, car ils ignorent les frontières. 

Il s’agit d’une bascule qui traduit une nouvelle volonté politique, celle d'une Europe qui accepte de se raconter plutôt que de simplement se représenter. De plus, pour la première fois depuis l'introduction de l'euro fiduciaire, la BCE ouvre ce choix directement aux citoyens : chacun peut, de façon anonyme, donner son avis sur les dix propositions via l'enquête en ligne du site de la BCE. 

Participer à cette consultation, c'est peser, dès aujourd'hui, sur l'image que porteront demain des centaines de millions d'Européens.

Pour en savoir plus, cliquez ici.